samedi 19 mai 2018

BON SCOTT, The Last Highway, Jesse Fink (Castor Astral)

Chronique initialement parue dans le numéro 377 de Jukebox Magazine. 


S’il y a bien une personne à laquelle la devise : sexe, drogues, alcool et rock’n’roll peut être attribuée, c’est bien au charismatique Bon Scott. De son vrai nom Ronald Belford Scott, Bon fut le chanteur du plus puissant groupe de hard rock de son époque AC/DC. D’ailleurs, pour les puristes du combo australien et pour beaucoup de fans, il est et restera le seul et unique détenteur du micro, occultant totalement Brian Johnson qui prit la suite en 1980. Bon a 6 ans lorsque sa famille d’origine écossaise s’installe en Australie en 1952. C’est au pays des kangourous qu’il rencontre, ceux qui allaient devenir ses compères de scène, la fratrie Young. Avant de s’extérioriser vocalement, le gaillard est le chauffeur du groupe. Cela dit, le chanteur du moment Dave Evans, est sur la sellette et il est question de le remplacer. Bon est pressenti, accepte et en 1974 troque le volant pour le pied de micro. De son arrivée au sein d’AC/DC jusqu’à sa mort à l’âge de 33 ans, une déferlante d’albums cultes a vu le jour de High Voltage à Highway to Hell rien n’est à jeter. Que des tubes, des joyaux hard rock’n’roll boogie blues graisseux à souhait dont seul le groupe a le secret. Le livre de Jesse Fink The Last Highway, traduit de l’anglais par François Tétreau, retrace la vie du chanteur grâce à des témoignages, des photos et documents inédits exhumant quelques mystères qui planent au dessus de sa disparition à l’instar d’une enquête policière prodigieusement orchestrée. Cette biographie est autant captivante qu’audacieuse et s’avère indispensable pour tous les aficionados du groupe aux 200 millions de disques vendus. L’écrivain et journaliste n’en est pas à son coup d’essai avec AC/DC puisqu’il a déjà livré un autre ouvrage sur les frangins Young intitulé George, Malcolm & Angus Young : les frères qui ont forgé AC/DC. Bon Scott laisse incontestablement une trace indélébile dans l’histoire du rock, c’est pourquoi lui rendre hommage est amplement mérité. Alicia FIORUCCI

mardi 15 mai 2018

THE JACK ART BAND/ THE DANIEL'S - Live-report 28/10/17 (QG - Paris)

When Rock Goes Classic! 


28 octobre 2017 : Paris – QG rue Oberkampf. Nous avions rendez-vous dans le cadre de la première des Classic Rock Nights. La soirée débute avec The Daniel’s un duo composé de Daniel Abecassis (guitare/ chant) et de Julien Francomano (Batterie) distillant un garage power rock saturé de derrière les fagots avec une pêche non dissimulée. 
The Daniel's - Photo Fabienne Ilias



Plus d’une heure de set et ces deux compères laissent place à Jack Art Band pour poursuivre la soirée placée sous le signe du rock n roll. C’est ainsi que les cinq pièces de cette formation s’installent sur la scène du QG pour nous présenter leur dernier opus « The Life and Times  of Candy Rose » un album concept où sont relatés les péripéties de Candy Rose une sorte de petite sœur à Mary and the River du  Boss. Jack Art Band nous emmène vers les contrées US avec un son aux diverses influences allant de Bruce Springsteen en passant par Tom Petty mais aussi John Mellencamp. Tous ces ingrédients sont savamment mis en musique et la mayonnaise prend indiscutablement. D’ailleurs, on se retrouve vite fait bien fait dans le pays où naquît le « Born in the USA ». Jack Art Band est un groupe dévoué mais aussi très humble sur les planches. Eh oui, là ou d’autres se la joueraient rockstars eux ne l’entendent pas de cette oreille et c’est tant mieux. Générosité, sobriété, efficacité le tout saupoudré de mélopées délicieusement chiadées, voilà ce que compose l’univers musical de Jack Art Band. En tout cas peu de groupes français se retrouvent dans ce créneau musical et ils savent tirer leur épingle du jeu pour notre plus grand plaisir. De plus, la plupart des titres exécutés sont des compositions originales et ils ne tombent pas dans le panneau de faire des reprises à tout va, seulement quelques unes ornent la setlist notamment « Because the Night » et un hommage à celui disparu trop tôt récemment à savoir Tom Petty. Il n’empêche qu’au bout de presque deux heures de concert on ressort de là ravi, et des images plein la tête tant le dépaysement nous prend et nous envahit. Jack Art Band une formation à suivre de près pour tous les fans de rock au sens large sans oublier les autres curieux de tous horizons musicaux.                                                                                                      Alicia FIORUCCI

The Jack Art Band - Photo Fabienne Ilias




lundi 30 avril 2018

THE DERELLAS, High Rise Supersize 7" (Rockaway Records)

HIGH RISE BAND!

« High Rise Supersize » en voilà un titre qui envoie ne serait-ce qu’à sa lecture! Eh oui, le nouveau single du groupe punk rock glam n roll, The DeRellas est sorti le 6 avril en version CD et le 13 du même mois en microsillon (Rockaway Records). C’est le premier support physique que nous avons avec Joey au chant depuis le départ de Steve, ce qui n’enlève en rien à la teneur de la chose. En effet, les chanteurs se succèdent chez les DeRellas (3 depuis le début du groupe en 2008) mais sont toujours d’une trempe que bon nombre pourrait leur envier. Je rappelle aussi que le premier concert du groupe était avec Hanoï Rocks, ça démarrait bien. Les londoniens, fidèles à leur habitude, ne tergiversent pas avec la qualité. Nous retrouvons tous les ingrédients que nous aimons chez eux : l’énergie, la mélodie sans oublier l’urgence. La face B comprend le titre « Got Something to Say » qui est un pur joyeux nerveux à la sauce punk 77 venu du Royaume-Uni. Puis, comme pour ponctuer qu’ils sont glam plus que jamais, une reprise des Sweet « Fox on the Run » vient fouetter nos esgourdes. En outre, ils la personnalisent lui donnant un côté plus actuel. Luca (guitare), Timmy (basse) et Bish (batterie) délivrent un cocktail sonore saisissant et accrocheur. Le visuel est aussi très important, la pochette claque comme il se doit. Une statue de la liberté verte aux yeux crevés par des croix blanches, le tout sur un fond rose et noir quoi de plus percutant ! Pour info, ils seront à Brighton le 10 mai 2018 avec les UK Subs. Aux fans des Vibrators, New York Dolls, Johnny Thunders, Slade etc....ce groupe est fait pour vous, vous allez vous éclater. Les autres, laissez votre curiosité faire son chemin, vous en sortirez grandis ! Alicia FIORUCCI

vendredi 27 avril 2018

RHINO'S REVENGE / ROSEDALE, live-report Boule Noire (Paris) 26/04/18

HIGHLY ROCK N ROLL!


Photo Bruno Quofrance

En avril ne te découvre pas d’un fil ! Ce dicton fit chou blanc le jeudi 26 à la Boule Noire (Paris). En effet, le chauffage marchait bien pour le plateau Rosedale et Rhino’s Revenge. Démarrage de la soirée à 20h tapantes avec les français de Rosedale. D’emblée, nous voilà plongés dans l’univers rock blues à voix féminine. Cette formation n’est pas sans rappeler le duo Joe Bonamassa et Beth Hart . En effet, Amandyn Roses a une tessiture vocale proche de celle de la chanteuse US, dont elle est bien évidemment fan. Quant à Charlie Fabert il dispose d’une dextérité guitaristique semblable à celle du tenancier du manche du combo Black Country Communion. Ce quatuor à la solide section rythmique composée de Philippe Sissler à la basse et de Denis Palatin à la batterie nous emmène vers les sons chauds provenus d’Amérique, la patrie du blues. Charlie a gagné en assurance scénique depuis l’époque où il était le poulain de Fred Chapellier. D’ailleurs, il personnalise beaucoup plus son jeu qu’avant avec fougue donnant un vent de fraîcheur au genre. L’élève aurait-il dépassé le maître ? That is the question, vous avez 2 heures ! Enfin bref, retour sur les planches, les français passent en revue les titres de leur album «  Long Way to Go » sorti en 2017, mais aussi des reprises dont celle de Ike et Tina Turner « Nutbush City Limits » autant dire qu’Amandyn se défend très bien dans la peau de la Queen of Rock N Roll ! Denis Palatin à droit à son moment de défoulement grâce à un solo affûté avec une frappe sèche, directe et élaborée, nous voilà rhabillés pour l’hiver ! Après 45 minutes Rosedale laisse la place aux anglais de Rhino’s Revenge sous les applaudissements du public.
Photo Alicia Fiorucci

Changement de plateau, le temps d’aller au bar pour se prendre une pinte puis, sans crier gare, voilà sur scène ce power trio venu d’outre Manche nous assenant un son à décalquer les sonotones avec « One Note Blues ». Dès les premiers accords, nous voici collés au plafond et c’est ça qui est bon. Le rhinocéros a décidé de sortir l’artillerie lourde et on ne va pas s’en plaindre. Faut quand même que je vous dise que nous avons le bassiste de Status Quo devant nous, John Edwards, ce qui n’est pas rien. Il est accompagné par deux compères du feu de dieu, Craig Joiner (de Romeo’s Daughter) à la guitare et Richard Newman (fils du célèbre batteur Tony Newman) derrière les fûts.
Photo Alicia Fiorucci

Le mammifère à corne ne va pas s’arrêter en si bon chemin, mieux, il ne fait que commencer sa course effrénée. En effet, aucun temps mort dans ce show d’une puissance sans faille. Rhino’s Revenge n’est pas du tout une pâle copie du Quo mais a vraiment son empreinte sonore. En effet, si vous vous attendiez à entendre« In the Army Now » c’est rapé puisqu’ils vont interpréter des compositions de leur cuvée comme « Secretary », « Busy Doing Nothing », « Jungle Love » etc. Ça claque comme il se doit ! Ce qui fait vraiment plaisir à voir, c’est le pied qu’ils prennent à délivrer leurs missives auditives. On est dans l’authentique esprit du rock n roll voire pub rock/punk puisque par endroit leurs brûlots résonnent comme du Eddie & The Hot Rods ou Doctor Feelgood. C’est vraiment la classe !

Photo Alicia Fiorucci
 De plus, sans en faire des tonnes, ils démontrent un savoir-faire et une maîtrise dont les anglais ont le secret. L’assemblée est conquise, saute, danse, s’extériorise corporellement, headbangue, même ceux qui ont perdu leurs cheveux se prennent au jeu…Après 1h40 de concert et une reprise d’enfer de « Born to be Wild », le rhinocéros finit sa course sous une ovation des plus chaleureuses. Le temps au trio d’essuyer sa sueur et hop, le voici derrière le stand de merchandising pour s’adonner aux joies des photos souvenir et des échanges avec les fans. Petite précision et non des moindres, une partie de la recette va à l’association « Save the Rhino International » comme quoi, les rockeurs ont du coeur. En tout cas, une revanche de haute volée sur le monde impitoyable du rock ! ALICIA FIORUCCI            

Photo Alicia Fiorucci


jeudi 26 avril 2018

MAID OF ACE, Live-report @ Le Bacchus (13/04/2018)

GIRLS ON FIRE!


Pour conjurer le sort du vendredi 13, quoi de mieux que d’aller à Château-Thierry dans l’antre où la divinité du vin délivre toutes ses saveurs ? Destination pub le Bacchus en territoire axonais. Mais pourquoi donc, me direz-vous ? Non pour aller voir Jason Vorhees se faire découper en morceaux mais pour s’en prendre plein les esgourdes grâce aux anglaises de Maid of Ace. 


Montage extrait de la page Facebook des Maid of Ace!
Ce groupe composé uniquement de filles, qui en ont, s’est formé à Hastings en 2004 et a deux albums à son actif, le premier éponyme, le second intitulé "Maid of England". Autant vous dire tout de suite qu’elles ne font pas dans la dentelle mais cisaillent l’environnement sonore tel Chuck Yeager à bord de son Bell X-1. Habituées à délivrer leurs brûlots punk rock hautement énervés d’un seul coup, elles doivent s’adapter au lieu en scindant leur show en deux parties. Qu’à cela ne tienne, ça ne remet pas en cause leur pouvoir à faire pogoter les personnes venues assister à cette messe dynamitée. Sur cette tournée, Dora Sandoval du groupe US, A Pretty Mess, remplace leur bassiste Amy. Ah...j’oubliais, les Maid Of Ace sont en fait la sororité Elliott composée d’Alison (chant/guitare), Abby (batterie) et Anna (guitare/choeurs). Eh oui, on fait du punk en famille du côté du pays de God Save the Queen. Elles passent en revue leurs compositions « Minimum Wage » , « Disaster Noise », « Stay  away » etc… le tout avec une hargne, une fougue que beaucoup de groupes mâles aux testostérones trop en vue pourraient leurs envier! Elles dégainent les riffs tels des boulets de canons haute volée et ne sont pas sans rappeler les Runaways ou L7, le côté nerveux en plus. Ce n’est pas pour rien que les Maid of Ace font la première partie de The Exploited pour certaines dates durant cette tournée car une grosse louche hardcore est ajoutée à leur univers. Les dates s’échelonnent de Kingston au festival Punk & Disorderly à Berlin. Elles en veulent et le font savoir. Leurs chansons sont efficaces : c’est franc, direct, ça ne tergiverse pas trois plombes et c’est ça qui est bon. Pas de fioritures, on est dans le vrai, l’authentique, l’urgence et tout le packaging percutant. Elles maîtrisent bien leurs instruments, mention spéciale à la batteuse, et occupent la scène avec brio. 

En une heure la mission est accomplie de fort belle manière puisqu’à la fin du show, le public en sueur se presse au stand de merchandising. Si j’ai un conseil à vous donner, ressortez vos Doc Marten’s et suivez de près ce groupe car, à mon avis, on n’a pas fini d’en entendre parler !
                                                                                                                     Alicia FIORUCCI

vendredi 20 avril 2018

ERIC CLAPTON, Clapton Cover


Chronique initialement parue dans Jukebox Magazine de février 2018. 

Clapton Cover
Alain Gouvrion
Editions du Layeur

Dans la catégorie des grands guitaristes qui ont jalonné la vie de plusieurs milliers de passionnés et d’amateurs de rock, nous retrouvons Eric Clapton. D’ailleurs, ce brave Eric fut une des raisons de la venue de Jimi Hendrix sur les terres anglaises. En effet, selon la légende, la condition qu’émit le génial gaucher à Chas Chandler, qui souhaitait lui faire enregistrer son premier single au Royaume-Uni, était de rencontrer le soliste des Cream. Eh oui, pour Jimi Hendrix, Eric Clapton apparaissait comme la référence britannique de la guitare. Dans cet ouvrage Alain Gouvrion retrace toute la carrière de slowhand : des Yardbirds aux Blues Breakers, en allant vers le power trio légendaire Cream, son projet avec Blind Faith mais aussi Derek and the Dominos et plus près de nous sa collaboration avec B.B King sans oublier J.J Cale et bien sûr ses différents albums solos avec les tubes « I Shot the Sheriff » et « Cocaine ». La légende du rock qui puise ses influences dans les méandres du blues ne cesse de fasciner. Le livre est une discographie visuelle et commentée par l’auteur qui raconte l’histoire de la création des albums à l’aide d’anecdotes mais aussi de quelques phrases percutantes où il passe en revue toutes les galettes d’Eric Clapton en y apposant sa griffe de journaliste et de critique musical en activité depuis plus de 25 ans. Spécifions qu’il s’agit ici d’un magnifique ouvrage (hormis le contenu qualitatif de ce dernier) que nous avons entre nos mains, un très bel objet avec couverture cartonnée et reliée que les collectionneurs se délecteront de feuilleter pages après pages (224). On se retrouve très rapidement en pleine immersion dans l’oeuvre foisonnante du guitar héro. Pour bon nombre de lecteurs, beaucoup de souvenirs remonteront à la surface car vous allez vous rendre compte qu’Eric Clapton a constitué la bande sonore de votre vie.

Alicia FIORUCCI

mercredi 18 avril 2018

ELVIS PRESLEY, histoires et légendes.

Chronique initialement parue dans Jukebox Magazine de novembre 2017


Elvis Presley, histoires et légendes
Daniel Ichbiah
(DanicArt)



Elvis ! Que n’a-t-on pas encore dit sur ce pionnier de la musique du diable? Elvis fascine, Elvis dérange, Elvis surplombe le monde du rock n roll, c’est sûr et certain. La preuve plus d’un demi siècle plus tard, on en parle toujours avec autant d’engouement et de passion. Cette exaltation démarre en 1956 jour mémorable où il donne son concert à Tupelo, sa ville natale. Ses contemporains n’avaient encore jamais vu se trémousser comme tel un chanteur/guitariste à la voix grave et suave proche de celle du gospel, chose étonnante pour un blanc à cette époque . Quel cataclysme, son « Heartbreak Hotel » et son « Hound Dog » : une pêche, une hargne, une sorte de révolte bouillonnaient en Elvis Aaron Presley. Et ce ne sont pas les décennies écoulées qui prouveront le contraire. Cet ouvrage « Elvis Presley, histoires et légendes » est une adaptation d’un magazine hors-série intégralement réalisé par Daniel Ichbiah, journaliste, écrivain de son état mais aussi chanteur et auteur-compositeur. Il se concentre surtout sur la période allant de la naissance du futur King en passant par l’année 1956 où il explose à la face de la planète jusqu’en 1969. La phase des 70’s est relatée mais de manière plus succincte. Comme le titre l’indique, Daniel s’intéresse aussi aux légendes autour d’Elvis dont une fondamentale comme quoi il serait toujours des nôtres. Les fans sont tellement imprégnés par leur idole que toutes les théories sont possibles et on ne recule devant rien pour que l’âme et l’esprit du King demeurent vivants. Quelques témoignages de Bob Dylan, Jim Morrison, Salvador Dali mais aussi Line Renaud et d’autres viennent compléter ce livre. Il est, de plus, enrichi de la discographie d’Elvis ce qui est hautement appréciable pour un ou une néophyte qui souhaiterait s’ouvrir à sa carrière et pour ceux qui voudraient agrémenter leurs connaissances musicales sur le maître du rock n roll. Daniel Ichbiah au fil des pages nous permet une immersion fort agréable dans la vie de l’habitant de Graceland, le tout sans redondance. 

                                                                                                                    Alicia FIORUCCI